Nos sommes sur un large chemin de terre et de pierres. Une petite " goutte " coule à gauche du chemin, puis s'engouffre dans quelque passage souterrain et passe sous le chemin de terre. Deux grands épicéas montent la garde. Du haut de leur Grandeur, ils se penchent légèrement, un peu mais pas trop, pour observer ces deux insignifiants humains qui osent défier la montagne. N'ayant décelé en nous aucune velléité d'agression, ils daignent nous laisser poursuivre notre route. Ils se redressent et se campent dans leur attitude hautaine de "Gardes impériaux de sa Majesté le Grand Ventron ". Le chemin passe le long de plusieurs murets puis entre dans une forêt d'épicéas. Sur la gauche du chemin se dresse maintenant un haute et impressionnante fourmilière.
![]() |
![]() |
Jean s'approche et indique que la vie est toujours présente dans cet amas d'épines de conifères. Des armées de fourmis se hâtent dans leur quête aux dernières victuailles avant un long hiver prouvant ainsi les pertinentes observations Jean de la Fontaine. Mais dans nos Vosges, point de cigales ! Des grillons et des sauterelles, certes ! Mais point de cigales ! Nous longeant autre muret de pierres qui retient les terres sur la gauche du chemin forestier. Le sous-bois est tapissé de myrtilles aux petites feuilles vertes et rouges. Le chemin serpente maintenant en légère montée dans une forêt d'épicéas. De nombreux pieds de digitale nous font comme une haie d'honneur de part et d'autres du chemin. Nous entendons des forestiers au travail. Le bruit de leurs tronçonneuses font s'envoler les geais qui aussitôt s'empressent d'aller alerter toute la forêt de l'assassinat de leurs compagnons les arbres. Le chemin aborde une partie plus éclairée. Un gros hêtre se dresse sur la droite du chemin. Il porte les sigles chevalets et anneaux verts. De très hauts épicéas s'élancent à l'assaut du ciel.
![]() |
![]() |
Puis, l'endroit se dégage. En face de nous, la vue s'ouvre et nous pouvons voir les chaumes sommitales et sur notre droite, le versant de la crête d'en face. Les cimes de hauts épicéas se balancent au vent léger. Nous arrivons au niveau d'un grand carrefour à l'altitude de 838 m. Nous prenons à droite vers " Les Places " par les chevalets rouges et laissons, en face à gauche les chevalets verts vers le " Grand Ventron ". Nous restons sur le large chemin forestier. A nouveau, un petit ruisseau traverse le chemin au niveau du panneau. Le chemin entre dans une forêt d'épicéas de haute taille. Au niveau d'un croisement en patte d'oie, nous laissons à droite en descente le chemin qui rejoint une route goudronnée. Nous continuons tout droit en forêt par un chemin forestier plan. Après 10 m, nous retrouvons un panneau portant le chevalet rouge et l'anneau vert. Le chemin entre dans une forêt. Après 100 m, nous laissons à droite le sentier qui descend vers " Pont du Void Parking " avec les disques rouges. Nous continuons tout droit sur le large chemin forestier qui aborde ensuite un virage à gauche. En contre bas sur notre droite nous pouvons voir la route et le " Ruisseau du Grand Ventron ".
A nouveau, un ruisseau passe sous le chemin forestier qui bientôt rejoint la route goudronnée dans un virage avant un pont de pierres. Nous quittons le " Chemin du droit du gros pré ". Nous sommes dans un paysage humide. Il y a tout d'abord le " Ruisseau du Grand Ventron " qui déboule des chaumes et se rue tumultueusement vers le village en rebondissant entre les grosses pierres. L'eau est présente partout. Tous les sens perçoivent la présence de l'eau. Le ruisseau coule entre les pierres et les racines. L'eau se voit. L'eau s'entend. Le ruisseau se fracasse sur les plus gros rochers et les embruns s'envolent et retombent sur le promeneur qui s'approche. L'eau se touche. Le ruisseau remplit la gourde du randonneur. L'eau est bue. L'eau rafraîchit. Le ruisseau donne vie aux plantes qui parfument la forêt. L'eau se sent. La zone du massif du Grand Ventron est particulièrement humide du côté ouest du fait que les cimes retiennent et percent les nuages chargés d'humidité qui viennent de l'Atlantique. Nous remontons la route sur 50 m, puis la quittons dans le virage avant le pont et nous prenons le chemin forestier assez large en légère montée. Un panneau indique les directions " Sentier Guy Mercier " , " Grand Ventron 2k500 " et " Source Ferrugineuse à 250 m " par les disques rouges.
![]() |
![]() |
| copyright JL Helmer - tous droits réservés : | johann-lucas@evhr.net |