Dimanche de juillet. Dimanche ensoleillé. Dimanche de randonnée…
Mon sac à dos est prêt depuis la veille. J'ai le projet de me rendre dans la vallée de le Bruche et de partir à la découverte de la Porte de Pierre et du Rocher de Mutzig. Le trajet en voiture pour rejoindre Lutzelhouse (alt. 280 m) dure environ une heure. Déjà je contourne Mutzig et longe la rivière Bruche. Je trouve à me garer devant la Mairie.
Le ciel est bleu. Le soleil brille et le temps est chaud. Le clocher résonne de son appel à l'office dominical. Sur un mur je trouve le premier fléchage, un triangle rouge, qui m'amène à passer devant le cimetière et les dernières maisons du village. Je prends la direction de la Porte de Pierre et du Katzenberg. Tout est calme. Tout se repose. Je quitte la chaussée bitumée et empreinte une route de terre.
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Elle traverse les près avant de se rétrécir en un chemin longeant les dernières habitants isolées d'un village qui paresse sous le soleil déjà haut dans le ciel. Après une forte montée, j'apprécie l'ombre des premiers arbres et me réjouis de la fraîcheur du sous-bois. Les arbres élancent leur tronc et leurs branches vers le ciel. J'arrive au carrefour des deux chênes. Sur un tronc est clouée une pancarte indiquant la direction de la Grotte du Loup (triangle rouge). .
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La forêt est silencieuse. Même les oiseaux se sont tus. La faune fuit la chaleur de ce dimanche de juillet. Seuls les insectes bourdonnent et poursuivre leur recherche assoiffée de nectar.
Dans le bois le jaune des fleurs les attire. Parfois c'est le calice d'une digitale qui s'agite au passage ravageur d'un bourdon. Infatigable, le chemin forestier poursuit le déroulement de son tapis de terre et de pierres. Il se faufile entre les fougères, longe les stères de bois soigneusement alignés par le bûcheron, s'engouffre dans la fraîcheur de la forêt de chênes et de hêtres, et invite le randonneur à le suivre vers des horizons dont il ne soupçonne pas encore la beauté.
Le chemin n'en fait qu'à sa tête. Tantôt il tourne à droite et tantôt il bifurque à gauche. Parfois il sollicite l'énergie du promeneur dans d'interminables montées, et parfois il l'entraîne dans des descentes vertigineuses. Le chemin sourit du tour (et des détours) qu'il joue au marcheur. Le randonneur transpire et peste contre celui qui semble faire le même parcours que lui, à la différence que le chemin semble suivre son cours sans aucun effort.
Mais, chemin et randonneur ne peuvent se passer l'un de l'autre. Le promeneur a besoin du chemin pour ne point se perdre. Le chemin n'existerait pas sans les pas répétés du randonneur. Alors depuis des années, ils vivent ensemble et partagent les mêmes horizons.
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Le chemin traverse un ruisseau (l'Eimerbachel) et rejoint le chemin forestier GR 53. Je bifurque à gauche (rectangle rouge) et longe le ruisseau. Une pancarte clouée au tronc d'un arbre indique l'emplacement de la Grotte du Loup (alt. 350 m). Il s'agit d'une caverne au bord du ruisseau, en contrebas du chemin.
Le ruisseau bondit entre les rochers et éclabousse les fougères de mille gouttelettes. Les gouttes d'eau scintillent au soleil. Elles s'envolent un instant et renferment chacune un arc-en-ciel. Mais cette capture est éphémère. Les rais de l'astre du jour ne se laissent pas facilement emprisonner. Après leur envol, les gouttelettes s'écrasent sur les rochers et libèrent les couleurs de l'arc-en-ciel. Le mariage de l'eau et de la lumière n'aura duré qu'un instant. Mais quel moment de bonheur et de beauté magique !
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