Depuis quelques temps déjà je souhaitais faire une balade dans le Val de Villé. Après avoir étudié plusieurs possibilités, je me décide pour le château de Frankenbourg sur les hauteurs de La Vancelle. L'itinéraire est séduisant et les noms des lieux-dits sont riches de rencontres féeriques et envoûtantes. Les enfants et Madeleine ont à faire à la maison. Je pars donc seul tôt au matin.
Il me faut presque une heure de route pour rejoindre le charmant village de La Vancelle qui se cache derrière le cours de Lièpvrette, juste avant la ville de Lièpvre. Après un réveil timide de dimanche d'avril, le soleil se décide à être de la partie et se joint à moi pour une journée de flânerie sur les hauteurs du Schlossberg. Je laisse la voiture sur le parking du centre du village (alt. 396 m). Des panneaux indiquent de nombreuses possibilités de balades. Il me faudra suivre les anneaux rouges en direction du château de Frankenbourg indiqué à 2,7 km.
Je suis tout d'abord la route principale en direction de Hurst, puis bifurque à gauche et prends la rue en grimpette qui mène au lieu-dit " Himmelsleiter ", l'échelle du ciel, et au château annoncé maintenant à 2,2 km. La rue monte bel et bien et semble inviter le promeneur à rejoindre le ciel. Je passe devant les dernières maisons. Sur le haut du village, la rue croise une route. Je poursuis tout droit en direction du château. Le chemin est maintenant pavé de dalles de béton. A la bifurcation suivante, je prends à droite. Le Frankenbourg est annoncé à 1,8 km. Un ruisselet dévale de la montagne et longe la route. Le béton fait place au chemin de forêt et la vue se dégage sur le Val et je peux voir au loin l'impressionnante bâtisse du château du Haut-Koenigsbourg. Un panneau indique que je suis sur la route forestière Himmelsleiter.
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J'arrive à un carrefour de chemins. Je suis au Col de Frankenbourg " Schlossplatz " situé à 651 mètres d'altitude. Des bancs et tables attendent les promeneurs. En cas de mauvais temps, un petit chalet de bois abritera les randonneurs. L'endroit est calme et reposant. Je prends sur la droite le chemin balisé de disques rouges en direction du château de Frankenbourg. Les hautes branches des sapins pleurent les dernières neiges fondues par le soleil qui maintenant rayonne dans un ciel bleu azur.
Enfants en éclaireurs, parents les suivant en petits groupes, toute une troupe de conquérants s'en va gaillardement à l'assaut du château de Frankenbourg. Je la laisse prendre de l'avance, préférant mes pas solitaires et silencieux au tumulte de cette soldatesque équipée. Je m'imprègne des couleurs de premiers feuillages. Le hêtre déroule ses feuilles encore toutes froissées et si fragiles. Les rais d'un premier soleil d'avril viennent caresser le vert tendre des feuilles encore si jeunes et si fragiles. Tout est calme et reposé. Difficile d'imager les courses effrénées des chevaliers partis à la chasse ou les cris de guerre des envahisseurs gravissant la montagne à l'assaut de la forteresse ! Je me sens habité par une sagesse douce et bienveillante.
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J'aborde le château (alt. 714 m) par sa droite. Je passe entre les deux monolithes, vestiges d'une antique porte, datant du Xème siècle. Je traverse ensuite l'esplanade à la base du château. Un panneau d'information renseigne le promeneur sur les origines et l'histoire de la forteresse. Des bancs et tables accueillent les randonneurs pour un instant de repos. Je poursuis la montée vers le château et passe les vestiges d'une porte. Un peu plus loin un bastion triangulaire protége la porte d'accès principale de ses bouches de feu. Rien ne bouge !
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