Coup de coeur ...

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Notre coup de coeur est pour le Château de Frankenbourg ...

Château de Frankenbourg, vue aérienne depuis le Rocher du Coucou

<< Ce château fort, qu'on dit le plus ancien d'Alsace, est placé sur un éperon qui jaillit de la montagne. Il règne sur deux vallées qui se scindent devant son regard impérieux : l'une étroite, un peu sévère, remonte le cours de la Lièpvrette et s'en va vers Sainte Marie, aux Mines d'argent fabuleuses; l'autre s'épanouit dans des campagnes d'un charme bucolique, aux vergers opulents, et monte vers Villé, le col de Steige et le Climont chargé de mystères. A l'orient un portique s'ouvre dans la montagne; il est flanqué de burgs 'féodaux et va se perdre dans la plaine du Rhin, bordée au loin par les vagues douces, violacées de la Fotêt-Noire >>.

 

Château de Frankenbourg, murs d'habitation Château de Frankenbourg, vue depuis l'esplanade

 

Le Frankenbourg, majestueusement assis sur son promontoire comme sur un trône et dominant le bas pays d'alentour, semble un roi qui, depuis un siège d'honneur, embrasse du regard une arène où va se jouer un noble tournoi. Quatre chevaliers sont prêts à entrer en lice, l'écu au poing, la lance baissée, le panache de leur casque flottant au gré du vent. Ce sont le Hohkoenigsbourg qui lève la bannière des Thierstein, l'(Edenbourg, qui paraît sous les couleurs des Ratsamhausen, l'Ortenberg arborant l'écusson des Mullenheim et le Ramstein portant les armoiries des Ochsenstein. Sur un signe du héraut d'armes, une sonnerie de cor va retentir. Et le roi lèvera son gant pour ouvrir le combat.

On dit que Clovis a fait bâtir un castel sur cette hauteur, là où jadis un castrum romain gardait les routes passant les Vosges.

Des documents parlent du château dès 1105. Il a été bâti dans la seconde moitié du me siècle par Siegbert I, ancêtre des comtes de Werd qui se nommèrent Frankenbourg au XII ème siècle. L'Empereur Henri V, en 1123, parle du manoir comme appartenant à cette dynastie.

Le château est tenu par les Werd, devenus landgraves de la Basse-Alsace, par les Mullenheim, les Lutzelstein et autres familles nobles.

 

Château de Frankenbourg, croquis affiché sur panneau d'information

 

Il reste du Frankenbourg les ruines d'un donjon de forme ronde, d'une tour carrée, de deux piliers d'un portail; il y a les décombres d'un mur de défense, d'une tour triangulaire flanquante; sans compter les vagues souvenirs du corps de logis et de la chapelle gothique du XIV ème siècle. On peut reconstituer le plan d'une vaste cour antérieure qui s'ouvrait par trois portes sur la cour d'honneur.

Mais il est, sur cette montagne, des monuments beaucoup plus anciens. Le cône qui porte le château est encerclé de pierres éparses ou accumulées qui sont les témoins d'une enceinte préhistorique. C'est un autre Mur Païen, semblable à celui du Menelstein par l'antique appareil en immenses blocs grossiers unis par des crampons en queues d'arondes. Il avait, comme lui, une destination religieuse et stratégique à la fois. S'ajoutent les vestiges de deux autres murs qui remontent aussi à la nuit des temps.

Car l'Alsace est une terre celtique. Elle a eu, comme telle, son époque de grandeur avant que soient venues se lever sur elle les aigles romaines. >>

Lu pour vous dans le livre "Châteaux des Vosges " par R. Redslob, J. Schmitt et H. Ulrich, Edition des Dernières Nouvelles.

Châteaux des Vosges

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