Le ciel est désespérément bas et gris alors que le dimanche précédent était clair et e ensoleillé. J'ai préparé mon itinéraire depuis la veille. Mon intention est de partir du village de Wattwiller, de monter jusqu'au Col de Herrenfluh, puis au sommet du Molkenrain pour redescendre ensuite vers la ferme-auberge du Freundstein où je me restaurerai d'un bon repas marcaire. J'ai prévu de faire le retour par la Chapelle du Freundstein, le Camp Turenne, le Molkenrain, le Col du Silberloch et enfin Wattwiller. Mais surtout, j'ai prévu les raquettes et les bâtons pour une marche solitaire dans la neige des hauteurs vosgiennes.
Je quitte la maison encore endormie vers 8h30 et me dirige vers le piémont vosgien. J'arrive à Wattwiller et gare la voiture sur le parking jouxtant l'église. Un épais brouillard enveloppe l'édifice, son clocher, la fontaine et les proches maisonnettes. Je sors mon sac à dos habituel du coffre ainsi qu'un second sac qui contient les raquettes et les bâtons. Je chausserai les raquettes quand je serai sur les hauteurs enneigées. Il est 9 heures quand je quitte la place pour remonter la rue de la 1ère Armée en direction du Col de Herrenfluh. Le balisage de départ est constitué de rectangles rouge-blanc-rouge.
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Je passe devant une grande propriété. Il s'agit d'un parc au milieu duquel se dresse l'imposante bâtisse des anciennes Sources Minérales de Wattwiller. L'ensemble est en cours de restauration mais laisse imaginer un passé grandiose. J'imagine des dames aux longues robes de crinoline promenant leurs extravagants chapeaux dans les allées du parc ainsi que de bedonnants gentlemen se dirigeant, un verre à la main, vers la fontaine dont l'eau fait des merveilles. Je crois percevoir la douce et mélancolique mélodie d'un orchestre installé dans le kiosque au fond du parc. Ce n'est que le vent qui souffle à travers les branches de hauts sapins bordant la propriété. Les silhouettes de la haute société ne sont que celles d'arbustes que je distingue maintenant à travers le brouillard environnant. Je poursuis le long de la route goudronnée qui m'amène à la sortie du village.
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Sur la droite un imposant calvaire se dresse dans le froid. Le chemin du retour débouchera ce soir juste derrière cet édifice. Pour le moment je contemple le travail de l'artisan qui a su tailler ce bel ouvrage dans la pierre et lui a transmis une part de son âme et de ses sentiments. Des panneaux indiquent que la route n'est pas déneigée et que les équipements spéciaux sont obligatoires. Je quitte la place et poursuis mon chemin. Je passe devant les dernières lumières du village et découvre, sur ma gauche, une petite passerelle qui enjambe le ruisseau du Fluhbaechle. Le petit ruisseau est agité de tourbillons. Les eaux descendent de la montagne à toute allure. Je traverse la passerelle. Le chemin balisé de rectangles rouge-blanc-rouge s'enfonce maintenant dans la forêt et mont à l'assaut du Col du Herrenfluh.
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Après une première grimpette, le sentier débouche sur la route départementale qui mène au Vieil Armand, la traverse et reprend son ascension à travers bois. La montée vers le Col du Herrenfluh se fait ainsi à travers les bois de Wattwiller, toujours en suivant le balisage de rectangles rouge-blanc-rouge, en traversant à plusieurs reprises la route départementale. A l'altitude de 567 m, le sentier retraverse la route à un endroit où a été aménagé un parking. Une voiture est garée. Ses occupants s'apprêtent pour une randonnée à skis. Je les salue et discute un instant avec eux. Claude et sa fille chaussent leurs skis et font la trace dans la forêt en direction du Col du Silberloch. Leur chien les précède dans le froid et le brouillard. En d'autres périodes, Claude organise des sorties équestres familiales dans les environs de Hartmannswiller.
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Une autre famille arrive en voiture. Les grands-parents sont venus pour partager les joies de la luge avec leurs petits-enfants. La forêt retentit des cris de joie des bambins qui s'amusent dans la neige. Je quitte l'endroit et reprends mon ascension vers le Col de Herrenfluh. .
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